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NAISSANCE DU CIDRE DANS LE COTENTIN AU XIIIᵉ SIÈCLE


A l'origine, le Cotentin semble avoir porté un verger à cidre réputé dès le XIIIᵉ siècle grâce à l’arrivée par la mer de variétés tanniques venues du nord-ouest de l’Espagne entre le Xᵉ et XIIᵉ siècle et l’apparition de la presse à cidre au XIIIᵉ siècle.

Le cidre parvint d'autant plus à s'implanter qu'en 1259, Saint-Louis interdit que l'on produise la moindre boisson fermentée à base de grains en période de disette afin de réserver ces derniers à l'alimentation humaine. Ses successeurs continueront cette action en multipliant les taxes locales sur les vins afin de réserver autant que possible les terres arables aux céréales. On estime ainsi qu'à la fin du XVᵉ, le vignoble normand avait disparu tandis que le cidre, relativement épargné par l'ensemble de ces mesures, avait achevé de conquérir l'ensemble de la province.


L’AVÈNEMENT DE LA POMOLOGIE DANS LE COTENTIN AU XVIᵉ SIÈCLE


C’est dans le Cotentin (Manche) que le XVIᵉ siècle voit l’avènement de la pomologie. Cette science nouvelle est portée par Guillaume Dursus et le sire de Gouberville. Le premier, gentilhomme basque, venu s’établir près de Valognes, obtient à partir des variétés qu’il sélectionne, des cidres d’une telle réputation que Jacques de Cahaignes rapporte que « le grand roi François 1er, passant par là, l'an mil cinq cent trente-deux, en fit porter en barraux, à sa suite, dont il usa tant qu'il peut durer ». Le Sire de Gouberville, dans son domaine du Mesnil-au-Val près de Cherbourg, s’intéresse également à la sélection variétale, à la culture du verger et à la fermentation du cidre. Il sort son premier cru le 28 mars 1553, et en transformant les fruits variété par variété, distingue les fruits d’excellente qualité, dont certains noms comme Marin Onfroy existent toujours.

Le troisième homme à avoir contribué à l'assise de la réputation des cidres du Cotentin est Julien le Paulmier, gentilhomme originaire des environs de Saint-Lô et médecin de Charles IX.
Dans son illustre traité de médecine, De Vino et Pomaceo (1588) traduit immédiatement en français par Jacques de Cahaignes (1589) sous le titre « Traité du Vin et du Cidre », il indique notamment que : « Les cidres que l'on produit en Cotentin sont les meilleurs cidres de la province de Normandie… »

L’importance de la production cidricole Cotentine à la fin du XVIème siècle est telle que la plupart des grandes fermes, manoirs ou abbayes de la région sont équipés de pressoirs monumentaux.

En 1631, dans son Discours sur la Normandie, Gabriel Dumoulin, curé de Maneval, dit du Cotentin que « Les cidres y abondent et sont fort excellents, principalement l'Escarlatin, qui ressemble en couleur au vin paillé et l'égale presque en bonté ». La prédominance de la production cidricole et la recherche de la qualité vont se maintenir dans le Cotentin au cours des siècles suivants comme l’atteste « la Statistique générale et particulière de la France et de ses colonies » de 1803 en faisant l’éloge de « l’excellent cidre produit dans les jardins pommiers de l'arrondissement de Saint-Lô » ou les premières places des classements obtenus par les producteurs de Quibou, Valognes, Turqueville, Dangy, Saint-Lô ou Saussey... lors des concours organisés par l’Association pomologique Française à l’occasion des ses congrès pomologique annuels de la fin du XIXème siècle jusqu’aux années 1930.


DU XXᵉ SIÈCLE À NOS JOURS


Durant la première partie du 20ème siècle, le cidre était la boisson quotidienne de la population mais il se consommait de manière très différente d’aujourd’hui. Le cidre était directement prélevé au tonneau à chaque repas. Il n’y avait donc pas de pétillant ni de mousse. Cette consommation de masse permettait de livrer le cidre directement en tonneau chez les revendeurs et cafés de l’agglomération cherbourgeoise

A partir des années 30, la production et la consommation ne cesseront de diminuer jusqu’aux années 1980 où un groupe d’hommes et de femmes ayant maintenu les usages et des savoir-faire portera le renouveau de la valeur terroir en relançant une production de cidre identitaire au sein d’un mouvement collectif syndical.
Ces producteurs attachés à la tradition ont notamment maintenu sur le territoire un verger haute-tige significatif totalement enherbé et bien réparti où se retrouvent en nombre des variétés locales amères et douce amères riches en composés phénoliques comme Petite amer, Taureau ou Cartigny…

La pratique exclusive de la prise de mousse naturelle et de l’interdiction de la pasteurisation pour obtenir des cidres plus ou moins bruts témoignent aussi du maintien d'usages cidricoles et de la transmission des savoir-faire.

C'est à partir de l'année 1985, dans un souci de diversification de leur exploitation laitière suite aux quotas laitiers imposés, qu'Emile et Jocelyne Mahieu ont relancé la production du cidre destiné à la vente à partir des pommes issues des vergers existants. Emile Mahieu a mis en œuvre tout le savoir transmis par ses aînés et a totalement orienté la production vers des produits de qualité : cidres, pommeau, calvados.

Soucieux de disposer des meilleurs qualités de pommes, Jocelyne et Emile Mahieu ont planté de nouveaux vergers en 1988 et 1990, conduits en agriculture raisonnée, qui aujourd’hui encore nous permettent d’êtres autonomes dans nos besoins.

Le Cidre au quotidienEmile MahieuL'étiquette dans les années 80

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